Equiper les toitures de panneaux photovoltaïques sans que les propriétaires n’aient à débourser un centime : c’est le business model futé de Thierry Lepercq, ex-banquier, Pdg de Solairedirect.
C’est à Coudoux, près d’Aix-en-Provence, que Thierry Lepercq vient d’équiper sa centième maison. Un mas provençal typique, avec sa toiture de tuiles vieux rose sur laquelle le patron de Solairedirect a enchâssé des panneaux photovoltaïques capables de produire, dans ce village où le soleil brille trois cents jours par an, plus de 3 000 kilowattheures. La minicentrale solaire s’intègre discrètement dans l’architecture. « C’est élégant et, surtout, gratuit, souligne Thierry Lepercq, le teint hâlé. On prend à notre charge l’équipement et l’installation. » Et non seulement son entreprise verse aux heureux propriétaires de quoi payer leurs factures d’électricité, mais elle leur accorde un complément de rémunération qui peut atteindre de 700 à 2 000 euros par an. Vous cherchez l’arnaque ? Il n’y en a pas. Le PDG de Solairedirect surfe sur une nouvelle législation, particulièrement favorable aux énergies renouvelables. Depuis juillet 2006, la France s’est en effet alignée sur ses voisins écolos européens (l’Allemagne, le Danemark et l’Espagne) en imposant à EDF de racheter, pour le compte de l’Etat, l’électricité issue des énergies propres quatre fois le tarif officiel, soit 57 centimes d’euro le kilowattheure.
Les investisseurs ont tout de suite flairé le bon coup et échafaudé des business models. Celui de Thierry Lepercq, plutôt futé, consiste à utiliser le toit des propriétés privées comme surface de production d’énergie solaire. L’électricité générée part illico dans le réseau d’EDF, sans même servir à chauffer l’habitation. Un prix garanti, des surfaces pléthoriques, une offre commercialement imparable : la montée au zénith de Solairedirect ne fait guère de doute. Après 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007, le PDG en prévoit 45 cette année et… près de 450 dans trois ans !
Carnet d’adresses. Thierry Lepercq n’est pas tombé sur ce filon par hasard. « Ni par atavisme », précise-t-il – son grand-père, ex-cadre dirigeant d’EDF, a construit la moitié des centrales hydroélectriques françaises. Cet HEC de 43 ans était auparavant consultant en innovation pour de grands noms de l’énergie (Suez, GDF…). Quand le coup de pouce réglementaire a été donné aux énergies propres, il a pioché dans son carnet d’adresses pour constituer l’équipe de Solairedirect. Il a ainsi recruté son directeur général chez Poweo (PALPWO), sa directrice marketing chez Butagaz et ses directeurs techniques chez Tenesol et Photowatt, deux fabricants de cellules photovoltaïques.